Le problème français actuellement est de savoir si on y va ou si on y va pas. Pourquoi un écolabel, beaucoup y ont vu trop rapidement un bon moyen de sortir de l'image réductrice pêcheur/prédateur. Trop simple, on pensait bacler vite fait un écolabel à la française avec nos structures type Afnor, BV, etc... Mais la pêche s'inscrit dans une problématique complexe et internationale qui lui interdit d'avoir recours à du bricolage de façade. un écolabel, c'est comme une démarche qualité. Vous savez, je dis ce que je fais, je fais ce que je dis et je le prouve....
Je vais être caricatural et réducteur. Mais effectivement cette notion d'écolabel, qui paraissait si facile pour permettre à la Pêche FR de rebondir sur une note positive, s'avère être un miroir grossissant les traits de nos lacunes en matière de "pêche responsable".

Toutes les flottilles européennes devraient être écolabellisées ou en passe de l'être si la PCP était efficace. C'est ce qu'a annoncé le "commissaire européen" Rambaud à Barcelone au Seafood Summit. L'introduction d'un écolabel international n'arrange pas la CE qui va encore une nouvelle fois être mise, aux yeux du monde, devant son incapacité à gérer les baisses de ressource dans les eaux communautaires. En plus on parle souvent de pillage des eaux des pays émergents, il a été pour beaucoup facilité par la CE ! Donc la CE n'en veut pas et trainera les pieds jusqu'à ce quelle arrive à ses fins.

D'ailleurs ce même "Commissaire européen" m'a gentiment glissé à l'oreille alors que nous visitions le complexe de Mercabarna, que le problème de l'Europe c'était de trouver des règles communes pour 25 pays, de favoriser la libre concurrence, que nous avions une vision étriquée du monde de la pêche et qu'il ne verrait pas de mal à ce que des armateurs espagnols rachètent la flotte française gardent les marins et les patrons mais débarquent en Espagne puisque le marché était là." Ah bon, c'est quoi les démarches de la valorisation en Normandie ! Vous y croyez ? ...." Tellement stupéfiant que j'ai cru à une blague. Je suis resté poli, juste courtois et pédagogue. Si, c'est vrai, j'ai des témoins.



Côté français c'est évidemment pas mieux, s'enticher à vouloir mettre en place à minima un écolabel franchouillard est plus qu'un aveu d'échec, c'est de l'étroitesse d'esprit. Si chaque état membre se prend d'idée de faire son éco étiquetage dans son coin, on en revient au folklore régionaliste et les poissons vont ressembler aux bouteilles de vin d'Alsace, toujours primées, toujours médaillées... Il ne faut pas aussi minimiser le micro impact du Grenelle, un éco label pour 2008. Enfin si, je crois que l'on doit le minimiser...;o))
Il faut aussi avoir une vision sur du plus long terme.
Les écolabels, on commence à en parler et on en parlera de plus en plus. d'ailleurs tout bien de consommation se doit d'être "ecolo" ou "éco" . Même les voitures deviennent éco-acceptable. Attention, il y a une surenchère côté "guide conso" entre WWF et Greenpeace qui pourrait être préjudiciable au marché du poisson en détournant simplement les consommateurs des produits de pêche. L'évolution des modes de consommations va toujours de plus en plus vers un poisson transformé, préparé, distribué en GMS et donc emballé. Cet emballage devient un véritable instrument markéting et de propagande. Si le poisson origine France se retrouve en rayon sans ses attributs de "bon à manger" pour "le corps et l'esprit", il disparaitra complètement des rayonnages ou sera dévalué au profit des produits d'import.

Quant aux industriels et transformateurs, ils ont tout compris. Je suis d'accord avec eux ! La norme doit être mondiale ou ne pas être. Ils ont aussi compris que MSC, qui a définit la norme d'un écolabel acceptable au niveau mondiale en se référant au code FAO en matière de gestion des ressources marines, n'était pas le diable puisse qu'il certifie bon nombre de flottilles chalutières, peut-être même un peu trop, à mon gout.
On a aussi juste en face de chez nous la flottille d'Hasting qui se débat en bande côtière et bricole avec MSC. Il serait intéressant de rencontrer nos cousins anglais.
Ils n'ont rien inventé, font comme nous des fêtes des produits de la mer, ont sensibilisé restaurateurs et poissonniers, favorisé le tourisme local. Et surtout ils ont rencontré un certain succès auprès de leur flottille en partant des pratiques des pêcheurs, ce qui est la clé pour la réussite des solutions locales pour faire face aux défis mondiaux, n'est-ce pas M. le Commissaire EUR et Mme et M. Seafood Choice Alliance !


Oui, c'est bien du merlu ou plutot du merluchon. Trop petit le poisson espagnol ? Celui-ci vient de France...