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Pêche et Politique

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lundi 13 mars 2017

# Elections professionnelles, l'Ultime Profession de Foi

Voilà, dernière ligne droite, vendredi prochain à Trouville la pêche normande élira son Président pour un mandat de 5 ans.
J'aurai aimé des "primaires", des débats, des réunions professionnelles où chaque candidat aurait pu exprimer ses idées et ses propositions pour la pêche normande. Ils n'auront pas lieu.

Je n'ai pas fait de promesses illusoires, je n'ai pas distribué de titres, je n'ai pas le pouvoir de multiplier les poissons et leur prix.
La pêche n'est pas une économie de papier ou de spéculation, c'est une économie de production, de surcroit de produits nobles. C'est pour ça qu'il faut la défendre.
Finalement, avec le recul, ma vision est simple, je peux et je veux (re)mettre les producteurs, patrons et matelots, mettre "l'humain" au cœur des enjeux, des problématiques et des défis auxquels la pêche en mer doit faire face, pour que chacun puisse vivre mieux de son métier.
L'ultime profession de foi qui a été envoyée aux membres de Conseil est ici.
https://lc.cx/J5m9

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jeudi 9 mars 2017

# Elections professionnelles, 4ème Cap : L’Économie Bleue

Le terme économie bleue est récent. "La mer est l'avenir de l'homme", c'est un peu bateau... :)
Quand les politiques pensent économie bleue, ils voient tout, EMR, transport, activités de loisirs, etc....sauf la pêche professionnelle !
C'est bien là le problème, la 1ère activité maritime est oubliée, comme si elle n'avait aucune importance.
A ceux-là je répond, essayez un littoral sans port de pêche, essayer des restaurants qu'avec du poisson d'élevage, essayer de garder sur le littoral des activités structurantes uniquement basées sur un tourisme estival.
Les pêcheurs étaient là avant les éoliennes, avant les hydroliennes, avant les extracteurs de granulats de tout poils, avant les "clapeurs" de boues toxiques, et je l'espère ils seront encore là après tous ces industriels.
Les extractions de granulats, ce fut une de mes 1ères réunions professionnelles à Rouen, en Préfecture. Des messieurs en costume gris nous ont présenté leur demande. "Pas pour maintenant, pour dans 20 ans et seulement à titre expérimental,"
mais en millions de m3. Et aujourd'hui, passé une génération de pêcheurs, ils ont là en Manche dans nos filets !
C'est pourquoi, il faut et on doit être sur tous les fronts, ne pas faire "la politique de la chaise vide" et être dans toutes les réunions pour sans cesse rappeler qu'il reste des petits bonshommes habillés de jaune sur des petits rafiots qui vont en mer gagner leur croute, que c'est un savoir faire, une richesse qu'il convient de respecter et de défendre.
La Mer n'est pas dévolue aux industriels, le rivage n'est pas réservé aux loisirs et aux résidence secondaires, les villes portuaires n'ont pas à être seulement des cités pour les retraités.
Les Gens de Mer sont légitimes et à leur place sur le littoral et j'entends bien le rappeler, partout, haut et fort !

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samedi 4 mars 2017

#ElectionsProfessionelles 8, ème Cap : Porter une image positive de la pêche normande

Le CNPMEM avait commandé un sondage il y a quelques années. Le capital sympathie du pêcheur y était bien réel.
Mais la profession était plutot perçue comme en déclin.
Le pêcheur courageux et téméraire fait encore recette, mais jusqu'à quand ?
On le voit très bien quand on veut recruter, ce n'est pas simple et le choix est limité. Que l'on voit fleurir sur les quais des têtes colorées en soit n'est pas un probleme, ce sont souvent de très bons matelots. Mais ce n'est pas la solution dans un pays qui compte autant de chomeurs.
Et cela pourrait un jour ou l'autre sonner la fin du modèle artisanal.
Ce qu'il faut surtout, c'est que les pêcheurs, eux-memes, aient une bonne image de leur métier. A vouloir trop souvent passer pour des victimes, on finit par accuser la terre entière, les politiques, l'Europe, les Anglais (avec raison !), les ONG, les scientifiques. On crie au complot, à notre disparition, à la fin du monde mais cela ne convainc personne ! Pourtant la pêche est un métier rémunérateur, il faudra qu'on se décide aussi à communiquer à ce sujet.
La pêche sera toujours un métier différent, pour la seule raison qu'on travaille en mer. Mais au delà de cette contrainte, les conditions de travail et les conditions sociales se sont nettement améliorées. C'est certainement un métier de passion, mais c'est aussi je pense, un art de vivre. Nous sommes des "Gens de Mer"
Normandie Fraicheur, groupement interprofessionnel, travaille à la la valorisation et l'amélioration des produits de la mer normands. Mais avant tout, c'est qui me parait le plus important, et en tant que Président de cette structure j'y veille,
c'est bien le travail des hommes que nous nous efforçons de valoriser.
NFM est déjà en place dans l'ex BN, mais le groupement va se déployer rapidement en Seine Maritime. Avec la future "Maison de la Mer", véritable pole de la pêche normande,avec la mise en place d'un maillage d'antenne sur tout le littoral, y compris en Seine Maritime où ils sont absents, avec un Comité Régional fort, dont je m'engage à ne pas diminuer les effectifs, nous pourrons mieux communiquer entre nous, à l'extérieur et redonner à nous pêcheurs la fierté de notre métier qui parfois peut nous faire défaut.
En ce moment les voyants sont au vert, ressource, prix, GO bon marché. Avec un bémol, ce maudit Brexit à l'allure de douche froide. Mais il faudra coute que coute penser à renouveler la flottille, d'autant plus que la Région mais en place un dispositif de financement innovant. Il nous faut un 1er projet pour susciter l'envie et valider la faisabilité.
Il faut garder en mémoire que nous avons des produits dont tout le monde veut, pour lesquels le marché est très déficitaire, nous avons le savoir-faire et les outils, à nous de profiter de cette situation.

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Sauvage

 

samedi 25 février 2017

#ElectionsProfessionelles 7, 2ème Cap, défendre tous les pêcheurs ?

Défendre le pêcheurs, en pleine période électorale, tous les postulants ont ce leitmotiv à la bouche. Mais bon, cela veut tout dire et à la fois rien dire ! Et beaucoup de marins pensent que, individuellement, c'est d'abord me défendre "moi" .
Si les cas individuels sont bien sur pris en compte. Ce qui est à défendre c'est d'abord l’intérêt collectif. Mais comme on l'a vu, la pêche est multiple, les intérêts peuvent être divergents, voir contradictoires. On le voit très directement avec, par exemple, les conflits de cohabitation.
Défendreles pêcheurs c'est de faire reconnaitre partout leur droit de travailler, de gagner leurs vies avec les ressource marines, et surtout, qu'ils sont sur le littoral ,un vrai liant dans le tissu économique. Ce travail il faut le faire "entre nous", en inter-régionale, au CNPMEM, à la Commission Européenne, il faut le faire auprès des collectivités territoriales, auprès des ONG. J'ose rajouter auprès des médias.Et ce n'est pas quelque chose qu'on fait une fois, c'est un travail au quotidien. Il y a le savoir-faire et faire-savoir.
Défendre les pêcheurs c'est aussi travailler étroitement avec les OP, pourquoi ?
Les OP gèrent en grande partie l'accès à la ressource à travers les quotas et les droits de pêche, le CRPN gère la ressource, surtout en bande côtière avec les licences. Il faut créer une harmonie entre les règles des OP et celle de gestion des ressources, et surtout travailler de concert avec les mêmes arguments pour être audible.
Dans chaque Comité auparavant, il n'y avait qu'une OP, désormais il y en aura 2, l'OPN et le FROM. Là aussi il faudra trouver, pour être efficace, les points de convergence. Je ne suis pas inquiet, les OP ont l'habitude de travailler ensemble.
Défendre les pêcheurs, c'est aussi oser proposer, oser susciter, d'aller plus loin dans l'organisation des pêcheries, avec des mesures qui souvent apparaissent comme contraignantes, mais qui après plusieurs années deviennent naturelles. On l'a vu pour la csj. Plus les métiers s'organisent, plus, collectivement, ils progressent et cela se traduit très concrètement en chiffre d'affaire !
Défendre les pêcheurs c'est aussi le faire efficacement, avec efficience comme on dit maintenant. C'est donc avoir un CRPN performant. En interne partager la connaissance, partager tout le travail, se doter d'une visioconférence.
Mais surtout informer les professionnels à travers un portail internet de la pêche normande.
On ne peut pas, d'un côté déplorer le manque d'implication des pêcheurs et de l'autre, les priver d'une information objective et totale sur tous les sujets. Le manque d'information génère la méfiance, certains pensent que "tout est décidé d'avance". Il faut susciter le débat dans la profession, c'est en confrontant les avis qu'on avance.
Informer en toute transparence, c'est un point sur lequel je m'engage.
Défendre les pêcheurs c'est aussi porter le projet d'une Maison de la Mer. C'est une idée que j'avais déjà lancé en BN. Dans la Région réunifiée elle prend tout son sens et son envergure. Véritable siège social de la pêche normande avec des bureaux professionnels, une vraie salle de réunion, un espace d'expo ouvert au public.
L'ex BN représente plus des 2/3 des bateaux et du pourtour littoral, elle doit très naturellement assumer son rôle de "locomotive".
Oui le siège sociale du CRPN devra être à Caen ou aux alentours (et pas à Trouville avec 2 antennes à Dieppe et Cherbourg), là aussi je m'y engage.
Temporairement se pose la question du leadership pendant cette période de fusion. Très clairement et sans détour,
je propose que Béatrice Harmel assure la direction du CRPN, jusqu'à son départ en retraite.
Je résume défendre les pêcheurs, c'est informer, proposer, faire connaitre, se doter d'un vrai siège social.

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vendredi 24 février 2017

#ElectionsProfessionelles 6, 1er Cap maintenir et valoriser la diversité des pratiques.

Cette diversité c'est d'abord celle des hommes, façonnés par le littoral. Avec 2 façades maritimes la Normandie est diverse. Golfe normando-breton, baie de Seine, falaises de la Cote d'Albatre, la diversité géographique a amené une diversité de pratiques, de métiers, de spécificités. La morphologie des flottilles est donc différente selon les zones de pêche qui peuvent être partagées ou pas.
Cette diversité on la retrouve aussi dans les débarquements, dans les traditions, dans les modes de commercialisations.
C'est une force, la peche normande est multiple, et quand une ressource vient à manquer une autre se montre souvent plus abondante, quand un secteur souffre, un autre se porte mieux.

Certains pêcheurs on fait le choix de la polyvalence, c'est une tendance qui s'affirme. Le pêcheur, part nature est opportuniste, c'est un chasseur-cueilleur, mais il faut rester vigilant pour maintenir les équilibres portuaires. Aussi il faut veiller à ce que tout le monde secteur par secteur puissent travailler. La cohabitation est un sujet majeur qui devrait être traité, notamment en préalable de toutes nouvelles exploitation. Le développement de la peche aux bulots en Manche Est en est un bon exemple. Il faut l'encadrer.
La peche normande a donc, comme on dit, "plus d'une corde à son arc", elle n'a pas qu'un visage, il faut préserver cet atout qui est notre plus grande force, nous permet d'être leader sur beaucoup d'espèces et notamment sur tous les coquillages.
Nous ne travaillons pas que des espèces sous quotas européen, c'est aussi une force. Normandie Fraicheur Mer œuvre avec le Comité Régional à valoriser ces espèces trop souvent délaissées (tacaud, roussette, rougets, daurade grise, merlan, maquereau,...)
C'est aussi pour cela qu'il faut que tous pêcheurs, tous les métiers puissent se reconnaitre dans leur Comité Régional. L'équité de traitement, c'est un point sur lequel je m'engage.

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mardi 14 février 2017

#ElectionsProfessionelles 5, les 4 points cardinaux

>1. Préserver la diversité des métiers qui est notre plus bel atout, à l'image des hommes et de notre littoral.
>2. Défendre tous les pêcheurs. Sans distinction, les problèmes de tous doivent être pris en compte de façon juste et équitable.
>3. Porter une image positive de la pêche normande. A l'instar des produits de la pêche, redonner de la fierté à nos marins et l'envie aux jeunes de faire ce métier.
>4. Mettre la pêche et les "Gens de Mer" au coeur des grands enjeux du littoral et de l'Economie Bleue

Il n'est pas toujours facile de formaliser, d'exprimer, sa vision de la "politique" du futur Comité Régional des Pêches. A partir de ces 4 grands axes, établis comme des points cardinaux, on doit mettre en oeuvre une série d'actions pour satisfaire l'ambition et les demandes de la profession.

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samedi 4 février 2017

#ElectionsProfessionelles 4

Hier dans les locaux de la DDTM à Caen ont eu lieu les élections du Comité Départemental des Pêches du Calvados. Le quorum était atteint malgré, malheureusement, beaucoup d'absents. C'est le trouvillais Linel BOTTIN, qui a laissé la barre de son cotier l'Elvis, à son fils Alexis qui prend la suite de Paul Françoise.
Après quelques atermoiements le CDP14, seul comité départemental en Normandie créé au moment de la réforme des comites locaux a donc été maintenu à nouveau pour 5 ans. Le CDP14 dispose d'une réserve financière importante qui lui permettra de mener et soutenir des actions.
Paul Françoise en a été le président pendant 2 mandats. Il aura marqué la vie de la pêche normande par son investissement tant au niveau régional que national avec sa casquette de président de la commission coquillage au CNPMEM.
Paul a eu une carrière bien remplie avec la construction de deux bateaux dont l'Emacles un chalutier polyvalent innovant coquille/chalut en acier. Il a initié une nouvelle catégorie de bateaux, les cotiers performants et puissants pouvant faire aussi bien la baie de Seine à la csj que le Large. Il finit sa carrière avec le St Michel un 16m bois du Guilvinec qui a bénéficié d'un plan de sortie de flotte.
Il fut président de la FFSPM (federation de syndicats de pêche professionnels). Auteur de propositions aussi surprenantes que clivantes, comme l'entrée des +de 16 m dans le gisement baie de Seine ou l'idée de mettre en place une peche estivale de la coquille ! Ce qui n'a pas manqué de me faire hurler...Mais paradoxalement il a été aussi à l'initiative des négociations avec les UK et cheville ouvrière du rapprochement des 2 Normandie. Candidat malheureux contre Daniel Lefevre à la mise en place des CRP en 1994, il comptait se représenter pour la présidence du nouveau Comite Régional des Peches de Normandie, mais les règles administratives de limite d'age (65 ans) l'en ont empêché. C'est donc en duo avec le dieppois Pascal Coquet fraichement débarqué de son chalutier hauturier, qu'ils ont, ensemble, monté une liste pour le CRPN.
Je connais Paul depuis longtemps, on a passé ensemble notre brevet de motoriste à Cherbourg. J'ai du respect pour lui, même si entre nous cela a été souvent "je t'aime moi non plus". Il trouvait que je voulais aller trop vite, moi qu'il allait trop lentement. Il appelait les coquillards "des enfants gatés", moi des patrons adultes et responsables. Il prônait "de la souplesse", moi qu'une pêche organisée est une pêche qui s'en sort mieux. Enfin, il y a 30 ans, à l'évocation de mon projet de 12 m pour la Baie de Seine, il me rétorquait "Pfff... trop petit, qui peut le plus, peut le moins !" Alors que je voulais seulement un bateau à "taille humaine" pour avoir "le droit de prendre la météo, avant de sortir" comme disait JC Lecornu patron d'un cotier de 13m sister ship de mon Sauvage.
Bon vent et Bonne (vraie) retraite !

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(Paul dans son fief, à Grandcamp, entre Mathieu Vimard OPN et à droite F de Bourgoing ancien conseiller général)

mardi 10 janvier 2017

#ElectionsProfessionelles 3

 https://lc.cx/J5m9
Le 12 janvier prochain, les marins pêcheurs auront voté, pas de surprise sur le résultat, puisque c'est une seule liste qui leurs était proposée.
Le Conseil d’administration du futur Comité Régional des Pêches pourra alors se réunir et élire son président et ses vice présidents. Avec 30 ans d'expérience à la pêche côtière, 20 ans passé au CRP, plus de 10 ans à la tête de Normandie Fraicheur Mer, j'ai l'expérience et le recul pour postuler à cette fonction. Ce n'est pas par égocentrisme, c'est pour évoluer dans mes responsabilités. La pêche m'a nourri, la pêche m'a donné beaucoup de plaisir, la pêche m'a permis de rencontrer des personnes formidables. Très jeune retraité, je désire être encore utile à cette profession qui m'a énormément apporté.
Vous trouverez ici les sujets du nouveau CRP, ma "profession de foi" https://drive.google.com/…/0B2NFulIT_znRN2JrNUQwZnZfS…/view…
Ce que je vous propose, c'est, avec tous les nouveaux élus et toute l'équipe du nouveau Comité Régional des Pêches de Normandie, d'essayer de défendre au mieux et de façon juste, les intérêts de tous les professionnels et leur place dans l'Economie Bleue.

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dimanche 8 janvier 2017

#ElectionsProfessionelles 2

1er Conseil commun des 2 Comités des Pêches HN et BNà l’Abbaye aux Dames à Caen, vendredi dernier.
Certains ont qualifié de "tendu" cette réunion. Soyons positif !
Les 2 CRP ne se connaissent pas vraiment, ne travaillent pas avec les memes habitudes. Il y a aussi le problème du leadership.
Pendant 1 an, le temps que la fusion soit effective, il ne serait pas déconnant que le CRPBN assure la direction du nouveau Comité en mutation. Aussi on pourrait se mettre d'accord sur ce que veut dire "défendre" les pêcheurs et qu'elles sont les missions du futur CRP.
Dans ma tête c'est très clair, moderniser les métiers, les pratiques, les rapports sociaux, inscrire dans l'Economie Bleue, la pêche comme une activité économique pérenne et nécessaire.
On a au CRPBN et au CRPHN, une équipe étoffée et compétente pour mener à bien cette politique. Les permanents ont déjà commencé à partager des dossiers. C'est à travers ce travail en commun que la fusion deviendra effective.
Le plus grand chantier sera celui de la communication, on s'est aperçu qu'aussi bien en interne qu'en externe personne ne connaissait les travaux menés au sein des CRP, pas plus les pêcheurs que les permanents entre eux.
Cette lacune a créé un fossé avec la base, le quai, qu'il convient de combler !

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ensemble.jpg, fév. 2017

 

mercredi 21 décembre 2016

#Elections Professionnelles

La CSJ ça roule. On peut juste déplorer la baisse des prix cette semaine. Mais force est de reconnaitre qu'il y a beaucoup d'apports et beaucoup de beaux temps pour un mois de décembre.
On va donc pouvoir s'intéresser à un autre sujet, les Elections Professionnelles en janvier prochain.
Comme je l'avais déjà écrit, double challenge, fusionner les 2 Comités des Pêche HN et BN et à charge du nouveau Conseil d'Administration du Comité des Pêches de la grande Normandie d'élire un nouveau président.
Au sein de la pêche bas normande beaucoup de départs Richard Brouzes,Daniel Lefevre, Paul Françoise, etc...donc certainement des nouvelles et jeunes têtes, je l'espère bien faites !
Ce n'est un secret pour personne, je me présente à la présidence. Pour éviter de prendre la place d'un navigant, j'ai préféré être nommé par la Coopération Maritime. Ce qui fait que je ne serai pas sur la liste.
"La liste" puisqu'il n'y en a qu'une ! Un accord a pû avoir lieu entre les centrales syndicales CFDT, CFTC et FFSPM avec un peu de difficultés dans le Calvados où l'esprit syndical est très peu présent.
On peut déplorer qu'il n'y ait pas eu de réunion ouverte à tous et très peu d'informations sur le sujet ont circulé.
A suivre avec la liste des membres et ma profession de foi !

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sauvage-bene.jpg, fév. 2017

 

jeudi 13 juin 2013

De la pêche estivale vers la disparition de la flottille artisanale normande.

Cela fait un bon moment que je vois passer dans ma boîte mail pas mal d’inepties à propos de la csj, mais là, trop c’est trop, je me dois de réagir…

L'idée d'ouvrir la pêche l'été n'est pas nouvelle, mais récente. C'est tout d'abord Paul Françoise Président de la Commission Nationale Coquillages qui nous avait surpris en proposant cela, au débotté, dans les locaux de FAM. Mme Cécile Bigot, présente, s'était écriée "En voilà une bonne nouvelle idée".
Autant vous dire que sur les quais les réactions furent vives et houleuses !
La Commission Nationale a par 2 fois refusé cette proposition, y compris en consultant les transformateurs.
Maintenant, au CNPEM, c'est le directeur, qui s'y met et qui veut "changer le mode de gestion de la CSJ". Lui, qui a le savoir acquis, se pose en expert, s’érige en grand économiste et se fait le chantre d’une politique libérale. Les pêcheurs, qui n’ont qu’un savoir inné, « ces bons sauvages », évidemment, ne connaissent rien de cette science et donc, n'ont rien compris. On est bien loin de l’image du pêcheur, "ingénieur des mers", chère au président Romiti.



Alors voilà, la messe est dite, c’est donc le Marché qui doit commander l’exploitation et la gestion de cette ressource naturelle et sédentaire.
Au passage, on passe à la trappe les 2 audits financés par FAM.
Devrais-je aussi rappeler les décisions prises en Commission Nationale Coquillages ? Ou doit-on s’assoir dessus ? Dois-je lui rappeler qu’il n’est pas mandaté pour ça ?

Il y a 150 bateaux de 12/14m en Basse Normandie qui dépendent essentiellement de la coquille, auxquels j’associe volontiers 50 Hauts Normands. Cette espèce est aussi la 1ère en valeur. Très, majoritairement nous refusons la pêche estivale, considérée comme une fuite en avant destructrice.
Nous refusons également les diktats parisiens et pensons que la voix des pêcheurs artisans bas-normands doit être entendue et respectée au sein du CNPEM !
Nous refusons le modèle économique industriel anglais dans lequel nous précipiterait une pêche d'été sur ce bivalve emblématique.

Autoriser la pêche estivale, c'est mettre un coup d'arrêt aux négociations difficiles que nous avons avec les britanniques. Les atermoiements au niveau national peuvent laisser à penser qu'au CNPEM on ne vaut pas d'un accord. Le blocage de notre demande d'un box communautaire auprès de la CEE, sous la ligne Barfleur/Antifer, est aussi un exemple significatif.

Évidement chacun aura compris qu’il est plus facile de dire "Allez pêcher l’été !" plutôt que d’aller ferrailler et de signifier aux sujets de sa Gracieuse Majesté, "Mrs les Anglais vous ne pêcherez pas « les joyaux de la couronne », les 1ers ".



Revenir sur l’arrêté ministériel, qui interdit la pêche de la csj l’été, c’est ouvrir la boite de Pandore qui va directement nous mener à la dérégulation du marché de la csj et à la disparition de la flottille de côtière.
On l’a très bien vu cet hiver avec l’exploitation, au profit de quelques industriels de la transformation, des zones de décorticage. Prix de la csj, 1€50, moins cher que le bulot… ! Tonnages débarqués, pas de chiffre ? Comment faire vivre 200 bateaux avec des prix si bas ?

Que nos amis bretons ne se méprennent pas, le développement hypothétique d’une pêche l’été aura des conséquences désastreuses sur le marché et remettra très rapidement en cause le modèle économique nord breton. Quand la Manche Est sera mise à blanc par une exploitation 12 mois sur 12, l’effort de pêche se fera en Manche Ouest.

Les rapports d’Ifremer à travers 30 ans de campagne Comor, financés par les bas normands, rappellent systématiquement la fragilité du gisement du Proche Extérieur. L’exploitation sur une seule classe d’âge, qui crée des pics de production, est aussi néfaste pour la gestion de cette ressource que pour sa mise en marché. L'abondance de cette saison est historique, pourtant chacun fait comme si cela devait se répéter tous les ans.



Regardez les écossais, des gros bateaux, de 30m et plus, armés par des usines, des patrons salariés, des équipages "d’importation ", absence totale de régulation des apports, "liberté de cambuse", au passage quelques soupçons d’esclavagisme (cf le marin, un journal extrémiste ?), voilà donc une belle économie, c’est ça qu’on nous propose ?

Le Marché, demandeur, devrait donc prendre le pas sur la gestion et la valorisation de la ressource ? Parler de pêche durable et responsable, mais voyons le marché n’en a que faire. Le travail fait en région, le tissu économique local, les signes officiels de qualité, le respect de la saisonnalité, les circuits courts, le « locavore », des broutilles !

La consommation nationale des pectinidés, c’est environ 150 000 T, la pêche française produit seulement 20 000 T.
Doit-on dilapider nos csj en pêchant l’été ?
Doit-on se mettre en concurrence avec les csj "low cost" britanniques, entre 1€50 et 1€30, glacées en cale pendant 5 jours, décortiquées, trempées et accolées d'une DLC de 15 jours minimum et tous les autres succédanés d’importations ?
Ne peut-on pas dédier notre production minoritaire et de grande qualité au marché haut de gamme ?
Le Marché veut de la coquille l’été, même si la gonade hypertrophiée, 4 fois plus grosses que la noix sera jetée ?
Qu’importe le cycle de reproduction ?
Qu’importe le prix, on devrait aller pêcher ?
Au sein de la Commission Manche/Mer du Nord, j'ai émis l'idée de déposer une "motion" auprès de la CEE pour réserver la Manche Est aux seuls artisans et y bannir toutes formes de pêches industrielles. Tout le monde était d'accord. Alors que la CNPEM se fasse le porte-parole de ses ressortissants !
On peut parfois se demander si quelque part n’existe pas la volonté de brader toute la Manche Est au profit des industriels de la pêche, des granulats, des marchands de vent, de boues et de l’indispensable contrepartie écologique à travers le lobby des AMP…
La sincérité affligeante avec laquelle, la main sur le cœur, tous ces gens nous affirment que tout cela se fera au bénéfice des pêcheurs, qu’ils y trouveront leur compte, me hérisse le poil.



Alors Mrs les chantres de la politique ultra-libérale, à tous les artisans de Manche Est, étaplois, qui n’ont pas été capables de faire des grands senneurs, normands qui refusent d’investir dans des 30 m pour la coquille, maquereautiers de Trouville qui regardent impuissant "le plus grand chalutiers du monde" siphonner leur ressource estivale, fileyeurs de Dieppe et Fécamp qui cèdent du terrain continuellement aux beam-trawlers de 2000CV, vous expliquerez donc à tous ces pêcheurs qu’il n’y a que 2 solutions, le plan de sortie de flotte ou le modèle industriel.

Et bien non, nous pêcheurs artisans côtiers, refusons le "darwinisme économique". Et, nous entendons que le CNPEM nous soutienne dans cette action en respectant notre choix d'un modèle économique artisanal, garant des ressources et de la pérennité des communautés littorales.

samedi 2 mars 2013

Le Bal des Faux-Culs

L'année 2012 est terminée, elle a été riche en évènements, rebondissements, gesticulations, effets de manche. Et pour suivre le rythme il aurait fallu écrire un billet hebdomadaire. Mais voilà la vie en a décidé autrement et pour moi cela a plutôt été un passage à vide. Des problèmes de santé graves touchant quelqu'un de très proche m'ont mis moralement sur la touche. Dans ces moments-là, on se met à relativiser, à se demander ce qui est important, ce qui restera. Je me suis donc moins impliqué qu'à l'habitude au point qu'on me l'a reproché et même évincé de certaines structures.
Depuis, au sein du microcosme de la pêche, j'ai retrouvé ma place. La seule qui m'importe, celle d'un homme libre de sa parole et de ses idées. Et, souvent je me plais à rappeler à tous ceux qui cherchent le pouvoir et les honneurs qu'ils ne laisseront pas leur nom dans l'histoire du monde maritime en répétant à outrance à leurs électeurs ou collègues, ce qu'ils veulent entendre uniquement pour se faire bien voir !
Plus inquiétant, l'expression qui caractérise 2012, c'est "on régresse". Dans la bouche de tous, la saison de coquille 2012/2013 est une saison pourrie. En criée le prix des poissons et des coquillages a chuté.
Bref, 2012, annus horribilis !



Où élections riment toujours avec pièges à cons :
En début d'année, les élections professionnelles ont mis en place les nouvelles structures. Exit les "comités locaux", vive les antennes régionales ou Comité Départemental des Pêche (CDP). Dans le Calvados nous avons donc opté pour un CDP. La formule d'une structure autonome vis-à-vis du CRPM, disposant de moyens propres et reconnue par les pouvoirs publics me paraissait une bonne chose. En effet le CRPN dont le siège est à Cherbourg est plus présent dans le 50 que dans le 14, plus de permanents sur le terrain, plus d'animations. Depuis je doute ! Je doute sur le budget, je doute sur les motivations, je doute sur le message vendu avec : "cela ne changera rien, tout restera comme avant". D'autres considérations avec le futur parc éolien et sa manne financière ont certainement pesé sur le choix de cette formule.
C'est donc Paul François Président de la FFSPM (fédération de syndicats de pêcheurs) qui a pris sans surprise la tête du CDP. Les surprises étaient ailleurs puisque certains se sont retrouvés sur la touche, après le vote. D'autres comme moi ont dû se satisfaire de poste de suppléants pour de sombres histoires de choix entre le régional et le départemental. Ce qui n'empêche pas de me faire engueuler quand je ne viens pas aux réunions !


Daniel Lefevre à gauche qui a remis le Mérite Maritime au militant écolo Jacky Bonnemains...

Au CRPM, c'est Daniel Lefèvre qui a repris du service pour un 3ème mandat. Le mandat de trop ?
Avec Daniel, militant socialiste, le changement ce n'est pas maintenant ! Son programme est toujours le même "Ouhai les gars on a du boulot, avec les problèmes d'environnement, on en a encore plus, alors on va continuer".
Les "de mon temps on n'avait pas besoin de se faire chier avec ça", devenus depuis les "pour mon garçon" ont eu du fil à retordre puisque la limite d'âge est de 65 ans, c'est vrai qu'avec une retraite à 55 ans certains "retraités" commençait à radoter. Même si sur le papier apparaissent quelques nouvelles têtes, on ne note aucun changement significatif. Le groupement qualité que je préside, NFM, n'a toujours, malgré les promesses, aucune place officielle.
La valorisation serait-elle définitivement le parent pauvre de la gestion des ressources marines ?


Gérard Romiti nouveau président du CNPEM

Au national, PG Dachicourt alias "Mister Good Fish" a pris "sa pouc". Qu'il amène avec lui Hubert² et qu'ils aillent ensemble faire de la promo pour Pavillon France dans les supermarchés en bottes et cirés. Rien ne vau le terrain, près du "consom-acteurs" !
PGD est moi cela n'a jamais été le grand amour, trop proche du ministre, trop proche de sa région, trop proche du Crédit Maritime, confondant égalité et équité. Et donc, surprise, par le jeu des alliances, entre un Larzabal cégétiste et PGD prosarko, c'est donc un corse Gérard Romiti qui a été élu. On le dit indépendantiste ? On le dit rodé aux mécanismes bruxellois ? Je l'ai rencontré à Grandcamp, il m'a dit que j'étais un provocateur, je le prends pour un compliment. On verra si cela fait boom !


Retrouvez toute l'info éolienne/pêche sur http://fishwindmill.blogspot.fr/

Où l'on voit le Consortium Eolien rendre visite aux bons sauvages
Les dés sont jetés ! C'est donc le Consortium composé de WPD et notre copain Brice, EDF, Alstom, Dong Energy, Nass et Wind qui a été désigné par le ministre, non regretté, Eric Besson. Les choses vont donc s'accélérer et on va voir de nombreuses études pseudo scientifiques se mettent en place avec le concours de pêcheurs grassement indemnisés. On a déjà connu ça avec les extracteurs de granulats, l'étude de leur panache sédimentaire au moment de l'extraction, un beau moment de science, du baratin pour hypnotiser les pêcheurs. Sur le littoral tous rêvent à la taxe professionnelles et ses 2M€, mais patience jusqu'en 2017 pour savoir ce qui redescendra de Paris …
Béatrice a donc pu enfin comprendre qui était marié avec qui. Soupçonnant des unions contre-natures, des enfants illégitimes, des adoptions illégales. Bref une vraie militante de Civitas. Sous œil amusé du chef de projet, on débat à coup de milliard d'€, on fait des choix d'ancrages, mono pieu ou jackets ? On définit le trajet des câbles avec une question essentielle, je dirai même existentielle, doit-on définir le parcours puis faire le carottage ou faire le carottage puis définir le parcours, sachant que le parcours le plus court est préférable vu le prix des 2 câbles de ø40 cm ? Réponse après la 1ère réunion du groupe technique "dispositif d'évacuation de l'énergie".
Pour marquer ce grand événement, le Consortium n'est pas venu les mains vides et pacotilles et verroteries ont été distribuées aux bons sauvages. 20 000€ pour faire de la com sur nos produits et des petites balises qui font bip bip et qui clignotent quand on tombe à l'eau. Enfin seulement pour les 70 premières demandes et à hauteur de 20% de l'investissement…



Où j'avoue n'avoir pas tout dit sur la coquille
Lassés d'aller pêcher au Large et fatigués de voir certains collègues travailler en toute impunité dans des zones fermées les pêcheurs ont décidé d'ouvrir la Baie de Seine, plutôt, le 15 novembre. Pour mémoire le gisement présente une ressource équivalente à 4 fois une année normale, 50% de plus que la meilleure année connue depuis 30 ans. Et que croyez-vous qu'on ait fait, et bien on a augmenté le temps de pêche de 50% 6H plein pot. C'est plus de la pêche, c'est la curée ! Et croyez-vous qu'on a pris l'engagement d'étaler la pêche de toute cette manne sur 2 ans, que nenni. Quand je vous dis qu'on régresse !
Les anglais ont certes pillé notre gisement, ils ont dilapidé ce produit qui va revenir en France aux moments des fêtes à vil prix et d'une qualité exécrable. Notre problème c'est que les 14/16000T de coquilles grattées par les rosbifs, on n'aurait pas pu à court terme les pêcher et les traiter. Ces zones, dites de décortication, sont depuis l'ouverture (françaises) restées fermées pour raisons sanitaires. Il reste donc à certains endroits et dans la Baie de Seine des taches de coquilles très denses qui n'ont été travaillées depuis 2 ans. Et, nous n'avons aucun outil régional, coopératif ou privé pour traiter ces coquilles. Tout juste un petit marché avec un mareyeur caennais caractériel et, la coopérative Granvilmer. Travailler dans ces zones est intéressant malgré un prix au bateau de 2€ (descendu depuis à 1€50) car elles sont très prolifiques ce qui limite énormément les frais (GO). La gestion des heureux élus pour y travailler était faite par l'OPBN par tirage au sort. Mais courant décembre, les Affmars ont délivrés directement des autorisations sur demande d'un mareyeur aussi bien en BN qu'en HN. On assiste donc à un privatisation de la ressource. C'est scandaleux. D'ailleurs alors que la saison dernière tout était encadré, débarque en criée controlée, etc... Maintenant c'est "open bar" on débarque quand on veut ou on veut et sans déclaration !
En raison des apports massifs et journaliers la coquille se vend mal. On peut douter de la nécessité d'envoyer en plus des bateaux dans les zones fermées. Les invendus doivent aller à la décortique !!
On fait une gestion "à la petite semaine" en demandant des fermetures improbables. On maintient la pêche dans une forme de fatalisme "ça se vend pas, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse". Alors les pêcheurs se démerdent pour arrondir leur fin de mois, ventes directes, noix à bord, trafic de produits sous taille, un peu de fraîche pour les fêtes, ça fait toujours plaisir aux équipages…C'est ça, aussi, la pêche artisanal du 3ème millénaire.


Pavillon France nous a mis un visuel avec un "coquillard artisanal" modèle UK...rectifié depuis !! ;o))

Les méventes, retraits, surproductions, marché parallèle, tout était prévisible. Nous sommes victimes des décisions irresponsables prises en Commission CSJ avec l'aval des élus et de l’administration contre l'avis scientifique suite à la campagne Comor. On a laissé le productiviste prendre le dessus. Toujours le même leitmotiv destructeur "Il faut laisser les bateaux pêcher", on a ressorti aussi l'argument sécurité avec un temps de travail court.
Je reste sur mes positions, suppression des quotas, gestion du marché par seulement l'effort de pêche en temps. Avec à la clé des économies pour l'Etat avec le financement d'une surveillance aérienne par les pêcheurs (idem St Brieuc).
Pourquoi on se prive depuis des années d'un vrai débat sur la coquille en Manche Est ?
Pourquoi, par 2 fois, on a mis aux oubliettes 2 audits sur la CSJ ?
VMS et AIS sont de formidable outil de contrôle, qu'en fait-on ? Rien !
Trop de messages et d'idées récentes sont contradictoires avec une bonne gestion.
Passé cette année exceptionnelle, il sera nécessaire de redéfinir l'effort de pêche en Baie de Seine en diminuant le nombre de bateaux ce qui n'a pas été fait lors des plans de sortie de flotte successifs. Tout ça demande un peu d'audace et, si les coquilles ne manquent pas, élus et administrations manquent cruellement de courage.



Où l’on nous assène que c’est le consommateur qui fait le marché
MCM nous a conviés à une grand-messe à Paris à bord d’une péniche. Objet du débat de quoi nos grands acheteurs ont besoin ? Une pêche certifiée est-elle un bon argument de vente ? Le cynisme de la réponse en dit long sur la volonté des industriels à intégrer les avantages d’une pêche durable et responsable ». M. OSO nous annonce que c’est la crise, que si c’est trop cher ici, on ira le chercher là-bas, que si la dame veut de la crevette à 0.99€ on lui fera de la crevette de merde dans des conditions sociales et environnementales déplorables. Norge, etc…, nous ont fait prendre un grand bol d’air avec des présentations touristiques, eau pure, air pur. Charles Braine aka Charlot passé de WWF à la très petite pêche côtière nous a expliqué qu’à la criée son mulet n’était pas valorisé et qu’un copain restaurateur qui lui paye des coups en fait de délicieux céviche. Vive les circuits courts ! Il n’a pas été très disert sur ses marées à la coquille. Avec sa petite chaloupe pontée, il a compris le fossé qu’il y avait entre un bateau de 30 ans dans son jus et un 12m récent, moderne et fortement motorisé. La petite pêche a bien des visages ! La pêche idéale serait alors bipolaire, quelques très petits bateaux armés par des biknics, zigzaguant dans les champs éoliens, et à l’opposé, une flottille de très gros ships sur des pêches dirigées avec caméras embarquées et tout l’arsenal proposé par la Commission.
Arnauld médusé a fait une conclusion abracadabrantesque…

Où l’on va carrément au clash
Où est la police des pêches ? Où sont nos coastguards ? Qui met un peu d’ordre dans la maison, qui laisse faire depuis l’ouverture du 1er octobre ? Alors qu’on a su contrôler les pilleurs anglais, pourquoi le respect des zones de décortication a-t-il été aussi laxiste ? Ce laisser-aller depuis l’ouverture est en partie responsable de nos problèmes de marché. Et, tout d’un coup patatras ! Voilà une dizaine de bateaux interpelés dans la zone ASP ! Pêche saisie, analyse en cours, suspicion de mise en danger de la vie d’autrui. Autant de publicité dont on se serait bien passé. Je me demande comment mes collègues ont pu aller se fourvoyer dans un pareil merdier. J’ai même un peu honte, on parle là d’alimentation, de risque sanitaire, d’un produit qu’on met dans « la bouche de nos enfants ». Au-delà des sanctions individuelles, c’est surtout l’ensemble de la profession qui retient son souffle car la menace de fermer ou de classer tout le gisement en « ASP » est bien réelle.



Où l’on va se promener à Bruxelles, enfin non, voir le député Cadec
Passage obligé avec la crise de la coquille, aller à Bruxelles « porter le poids » le pé en patois portais. Un bouillonnant élu UMP de Bayeux nous a donc organisé cette entrevue. J’en ai profité pour faire esquisser un petit sourire sur le visage façon Snoppy d’Angela. Bon, on a bu des bières, le député nous a reçu en copain, on se tutoie, on fait des bonnes blagues machistes, le député vanne sa blonde et filiforme secrétaire, on s’est pris en photo avec une grosse morue…, on a bu un coup, le député a pris les commandes, il fait ça très bien, on a fait des images avec une télé norvégienne mais pas de son, le député nous a déconseillé de répondre à une interview, on pourrait nous faire dire n’importe quoi…, nous les ploucs, le député nous a proposé un « gentleman agrement » c’est bien ça, cela ne coute rien, on fait tout le boulot, ça sert pas toujours à grand-chose, le député nous a pris en photo, enfin son assistante blonde, qui fait que des photos de pieds avec un put…d’apn numérique qui lui a couté 350€. J’ai caché mon Nikon, pas de signes extérieurs de richesse devant un député sans le sou.
Par contre en regardant l’affichette sur le bureau de Dany, je me suis dit que pour un jeune retraité, voilà un job qui va bien…



Où je confesse le cumul des mandats
Le président de la commission régionale CSJ a démissionné. A l'occasion d'une nouvelle élection, j'ai proposé ma candidature. Ce n'est pas le moment le plus facile. Il faut mettre de l'ordre dans la gestion de l'ASP. Trouver un moyen d'arrêter tous ces retraits/destructions scandaleux, faire remonter le prix moyen et fermer la baie de Seine pour laisser grossir les csj et arrêter de dilapider à 2€ ce qu'on a de plus beau. Il est toujours un peu rageant de faire d'un bord la promo et le travail de valorisation avec Normandie Fraicheur Mer et de l'autre ne pas pouvoir réformer les règles de production avec le Comité Régional. Avec la présidence de la Commission CSJ de BN, je peux dire "le changement c'est maintenant", avec humilité !!
1er couac...La presse a fait ses choux gras de la rébellion de certains petits pêcheurs à l'annonce de la fermeture. Pas évident de convaincre, malgré une consultation écrite de tous les pêcheurs. Je comprends leurs doléances, mais nul ne peut ignorer qu'avec le nouveau système de quotas attachés au bateau et non plus à l'homme, les plus petits bateaux ont bien profité de la manne de début de saison. La conjoncture a été décisive, et l’Administration a tranché.
Le petit effort de fin de saison sera un investissement pour l'avenir.
Le courrier adressé à tous les pêcheurs ici

dimanche 16 décembre 2012

L'aspirateur à poisson, comme les écossais dehors !!


Acte I le bateau est dérouté sur Cherbourg

Je crois que ce serait le moment d'aller à Cherbourg manifester notre colère devant ce monstre de 140 m et de demander à Bruxelles l'interdiction de la Manche Est à tous les industriels qu'ils soient perchistes, pélagiques, senneurs ou coquillards !!
Ils, parcequ'il n'est pas tout seul, pêchent, fraudent sur nos ressources côtières, chargent de maquereau alors que pour les artisans la pêche est fermée.

Quelques photos, c'est énorme!
Photo 3: la pompe à poisson!
Dans la cale: 4000 tonnes soit 4 000 000 kg!!! de maquereaux, hareng et chinchard. Entre 100 et 500 tonnes par jour de poisson "aspiré" (vérifié...)

Acte II le Tribunal fixe la caution à 1 250 000 €
Sur Aquablog de l'ami Favellières on titre "Maartje Theodora : Super chalutier en mauvaise posture..." Je dis bof ! Il est reparti avec une amende d'au moins 500 000€ voir ici et va pouvoir continuer à siphonner la Manche en toute légalité, puisqu'il fera maintenant attention à bien remplir son logbook (journal de bord). Le Comité Régional reçoit 15 000€ en dédommagement, de quoi ??
Soyons clair depuis 20 ans je dénonce les exactions écologiques de ces bateaux, encore récemment dans ce post de 2009. On voit que le travail des ONG a porté ces fruits car c'est maintenant Daniel Lefevre qui fait son colère et des effets de manche (;o)).
Pourtant, quand je demandais que l'on dénonce ces pratiques, la réponse était toujours la même, on touche pas aux flottilles industrielles pélagiques opérant en Manche car "si on les interdit après ce sera nous" (les chalutiers hauturiers). Le lobby "gros cul" préfèrent fustiger Bruxelles qui ferment les yeux sur les minotiers qui vident la Mer du Nord pour alimenter les usines de farine. Évidement avec ses 140 m, il ne passe pas inaperçu, mais son sister ship qui a été faire un tour en Australie, est revenu la queue en trompette. Puisque les kangourous ont voté un moratoire d'exclusion pour 2 ans.
En Manche le massacre de l'eco-système continue, malgré la posture offusquée des élus...

lundi 24 janvier 2011

Quel est l'avenir la peche normande ?

Terril de têtes de cabillaud !
Et bien en voilà une question idiote ! "Quel est l'avenir la pêche normande ?" On peut douter que notre avenir, nous les pêcheurs, soit fait de calme et volupté...Devant l'état de délabrement des structures professionnels où l'opportunisme et le clientélisme sont la règle à tous les étages, devant l'inexistence d'une vraie inter profession, devant le bordel des OP et Non OP, devant le seul discours qui rassemble bêtement la profession : l'anti-européanisme primaire, la pêche ne fera pas long feu face à la pression des industriels de tout bords qui réclament la possession de l'espace maritime quitte à tout saccager en mer. Mais on nous promet et cela ne s'invente pas : "des outils spatialisés, dans le cadre d'un consensus élaboré entre les parties prenantes de la Manche et de la Mer du Nord." !

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dimanche 26 septembre 2010

Le CNPEM communique...Acte I

"Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps"


A suivre...Meme si d'ors et déjà on peut douter de l'impact du message publié dans le marin. Cela ressemble plutôt a une pré-campagne électorale de PG Dachicourt. Est-ce l'opinion publique qu'il faut interpeller ou les lecteurs du marin ? Dans le 1er cas c'est raté, dans le 2ème je ne vois pas l'intérêt !

samedi 21 novembre 2009

Dans la position du supplicié, la pêche attend sa fin sur l'autel de l'écologie...


A Port en Bessin, le Sauvage fait son cinéma

Oui, ça fait 9 Mois que je mijote et bougonne dan mon coin. Je n'avais pas envie d'écrire. Le zapping continuel des réunions, Table Ronde, Rencontre, Grenelle, Assise m'a soulé. La profession couine, les vieux radotent, personne ne fait de propositions, personne ne veut vraiment réformer. Enfin ça, c'est en apparence, parce que sur les quais et en mer, la fronde monte. Il y a ceux qui sont étranglés par les prix bas et le manque de quotas, mais aussi ceux qui ont envie de changements et qui veulent un peu moins de bateau, des quotas individuels et une grande reforme professionnel pour en finir avec les Comités Locaux autant inefficaces qu'inutiles et leurs petits barons.

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samedi 26 septembre 2009

Avec ça je vous jure qu'on va aller loin...










A moins qu'on ne soit, nous pêcheurs, qu'une bande d'irresponsable

Les dix principes du Pêcheur responsable
  1. Respecte la réglementation
  2. Gère bien ses captures
  3. Garantit la fraîcheur des produits
  4. Déclare ses débarquements
  5. Renseigne les scientifiques
  6. Entretient son bateau
  7. Veille à la sécurité
  8. Est soucieux des conditions de travail de son équipage
  9. N’abandonne pas ses déchets
  10. et récupère ceux des autres !

Voilà donc le pêcheur vu par FranceAgriMer :
  1. Fraude en permanence
  2. Ramasse tout et n'importe quoi
  3. Ramène du poisson pas frais
  4. Fait du black
  5. Met le feu à Ifremer
  6. Navigue sur une épave
  7. Dors à la barre
  8. T'as signé, c'est pour en chier
  9. Vidange en mer
  10. et dit que c'est ses copains !

dimanche 20 septembre 2009

Et dire que toute l'année c'est pareil en Manche Est



Très beau reportage sur Arte : Les Damnés de la Mer
C'est partout pareil, même dans notre petite Baie de Seine, ces grands bateaux ratissent méthodiquement tout le poisson de fourrage. Ils condamnent les pêcheries côtières et déséquilibrent complètement la chaine alimentaire et l'écosystème.
Personne ne bronche, pas un responsable professionnel, pas un politique, pas un scientifiques, pas une ONG. Si des fois cela arrive pour nous parler des mammifères marin et de leur ami Flipper.
Quand ils auront vidé la mer, la CEE leur donnera une prime pour casser les bateaux. puis une subvention pour en reconstruire des navires et continuer leur entreprise de mort ailleurs dans le monde.

samedi 25 avril 2009

Je demande pardon...

Je demande pardon aux cabillauds pour les propos qu'a tenu Pierre-Georges Dachicourt, Président du Comité National des Pêches, sur France Inter le mardi 21 avril 2009. Il a dit "le cabillaud c'est le cochon des mers" Ils vont tout bouffer, dans 2 ans si on les pêche pas, en Manche Est c'est le désert, même les coquilles vont disparaitre".
En même temps je demande pardon au nom de tous les pêcheurs qui ont envie de sortir de cette spirale infernale où le pêcheur creuse sa tombe, où le pêcheur est contre tout , les scientifiques, l'Europe, les Affmars. Non, la profession ne va pas se mettre à dos toute la société car nous sommes capables de nous en sortir sans aide public et sans mettre à mal toutes les ressources disponibles.



lundi 6 octobre 2008

Des eoliennes en mer, et puis quoi encore ?

Soyons clair, en tant que citoyen, l'éolien je suis pour pour. En tant que pêcheur je suis contre !
On se fout de notre gueule en nous promettant des pseudo études et suivis scientifiques, des aides illusoires. Avec l'éolien maritime le pêcheur n'a pas son mot à dire. Tout le monde en veut, sauf lui ! Plus de problème de foncier, des indemnisations beaucoup moins importantes qu'à terre, pas de problèmes de paysages, que du bonheur pour les promoteurs et les élus locaux.
L'éolien nous met devant la faiblesse de nos organisations professionnelles pour défendre les activités littorales. La pêche ne pèse pas lourd. Il lui faut travailler avec d'autres acteurs, conchyliculteurs, défenseurs de la nature, etc... et ça elle ne s'est pas faire, c'est pas dans notre culture...
Voilà donc 2 projets pour implanter 50 éoliennes en mer juste en face Port en Bessin et Courseulles et, pour bien faire, en plein sur un gisement de coquilles !
Est-ce une bonne affaire pour les pêcheurs ? Certainement pas ! Non ! D'un côté on a WPD qui se la joue concertation avec comme 1ère cible les pêcheurs, maitre mot le dialogue. Reste le moment crucial où l'on parle pognon, ben oui 3M€ de taxe/an pour la pêche et la plaisance via le Conseil Général, ça fait rêver, mais là tout s'embrouille. Comment dire aux pêcheurs qu'ils ne toucheront rien ? Que ce sont les communes qui vont se mettre l'argent dans la poche. Le decret du 26.06.08 le précise "la totalité de la taxe versée par les promoteurs éoliens est destinée aux communes concernées, la moitié de cette taxe devant servir à des activités de pêche ou de plaisance. J’attire votre attention sur le fait que contrairement à ce qui est parfois dit par les promoteurs, cette taxe n’est pas reversée directement aux professionnels. Elle peut par contre, selon décision de la commune, financer des projets les concernant. WPD a amené les pêcheurs et décideurs locaux à Liverpool, bien. Mais sur place il n'y avait pas beaucoup de pros, rien que quelques caseyeurs qui touchaient des aides directes pour finir leur carrière...
Chez Maïa, on s'occupe pas du petit peuple qui vit de la mer, on passe directement aux grosses légumes du littoral. Le déplacement officiel a eu lieu sur nos côtes, c'est pas très chic et plus radin, ça c'est mal passé quand ils ont voulu "instrumentaliser" un bateau de pêche venu comme par hasard faire des prélèvements devant la presse toute ébahie d'une coopération si harmonieuse. On "définit un secteur restreint, le plus adéquat et le mieux adapté pour ne pas entraver les activités de pêché". Elle cause bien Blandine Rouget, elle sort certainement d'une grande école d'ing. où on lui a donné des cours de négociations pour parler avec les "peuples premiers" du milieu maritime. Pour amadouer les pêcheurs ici on se la joue franco-français. On est français, on construit en France, avec une technologie française et des petits bras de chez nous. A l'heure de l'Europe et de la mondialisation, ça fait pas moderne...;o)). 1400 personnes qui n'auront plus qu'aller aller pointer aux Assedic une fois le chantier terminé ou accepter la flexi-sécurité en suivant les chantiers. Elle est pas belle la vie ?

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