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Coquilles et gestion de la ressource, sommes-nous sur la bonne voie ?



Si je vous dis que l'on régresse sur la gestion de la coquille, vous n'allez pas me croire et ben si, c'est comme ça...
Après 2 semaines d'ouverture par beau temps, mer belle, temps calme et malheureusement chaud, rien ne se vend. Classique les 1ers 15 jours d'octobre sont toujours difficiles, marché de frais à reconquérir, etc... 2000T de coquilles sans corail sont donc parties à 2/2.30€ moins chères que les coques à 4.50 ou que le bulots. 80 % de cette production qui est retirée du marché pour aller vers la congélation ! Pire on parle même de 14 T de destruction au From Nord.
C'est scandaleux, honteux, on vend , quand on la vend, la coquille moins chère qu'il y a 20 ans !
C'est scandaleux, on dilapide une ressource sédentaire, on laisse toute une profession se faire harakiri. Et tout ça avec la bénédiction de notre administration "les Affaires Maritimes" .
Ah la belle affaire... Il va etre content le gars Borlo quand on va lui souffler cela dans l'oreille. Au XXIe siècle, à l'époque de la peche responsable et durable, de la valorisation, des écolabels, s'entendre dire "Vous avez trop d'apports, parce que vous avez trop de navires en Basse Normandie, régulez vos apports". C'est scandaleux.
Les boulonnais, sans aucune moralité, prétendant, qu'ils n'ont pas assez de csj ! Avec 4 bateaux armés, voilà une région maritime qui se permet de nous faire la morale. Les Hauts Normands se satisfont de brader le produit, heureux de faire le bonheur des mareyeurs qui trouveront toujours un moment de pénurie pour revendre ces csj payées une misère, en oubliant au passage la destruction de 10 T. C'est nul !
Pas moins de 2 000 000 € de perdus pour les producteurs. Et on nous rabachent les oreilles avec les importations. N'importe quoi !
Nous pêchons moins de 20% de coquilles que nous consommons et bradons notre produit. Nous sacrifions la rentabilité des entreprises de tout le littoral bas normand.
C'est dépriment et comme me le disait un pêcheur qui a récemment vendu son coquillard, "j'ai connu cela pendant 30 ans, cela ne changera donc jamais !".
30 ans que l'on répète que l'on ouvre trop tôt,
30 ans que l'on pêche trop de csj d'un coup,
30 ans que l'on vend une misère un produit haut de gamme,
30 ans que l'on se tire une balle dans le pied,
30 ans que l'on se laisse mener par le bout du nez par une poignée de bateau pour qui c'est une mono activité,
30 ans que rien n'est fait, alors que la pression de pêche ne cesse d'augmenter,
30 ans que l'on hypothèque le renouvèlement de la flottille, l'attrait des jeunes pour ce métier à cause de cette gabegie organisée.
L'année dernière on avait commencé une réflexion de fond. 2 réunions sur les 4 prévues avaient eu lieu. Ce début de réflexion est balayé sans délicatesse. Pourtant le relevé de conclusions de la réunion du 7 avril 2006 relative à la gestion de la ressource de coquilles Saint-Jacques était éloquent.
Pour mémoire :
Le 7 avril 2006 s’est tenue au siège du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins du Nord Pas de Calais Picardie une réunion relative à la gestion de la ressource coquillière. Cette réunion s’inscrit dans le cadre d’un cycle de quatre rencontres sur un thème particulier dont l’objectif est d’améliorer la gestion de la pêcherie de coquilles Saint-Jacques dans ses divers aspects.
Participaient à cette réunion :
Les Directions régionales du Nord Pas de Calais/Picardie, de Haute-Normandie et Basse-Normandie, Les stations IFREMER de Port en Bessin et Boulogne sur mer, les comités régionaux des pêches maritimes du Nord Pas de Calais/Picardie, de Haute-Normandie et Basse-Normandie, les organisations de producteurs : FROM Nord, CME et OPBN.
Les participants s’accordent sur plusieurs mesures de gestion de la ressource
II- Gisement du proche extérieur
Les participants proposent la création d’un nouveau gisement situé au Nord du gisement de la baie de Seine et au Sud de la ligne qui relie Antifer à Barfleur. L’accès à ce gisement serait ouvert à tous les détenteurs d’un PPS coquille Saint-Jacques sans autre limitation.
Afin de préserver la ressource sur ce gisement les mesures suivantes, semblables à celles du gisement de la baie de Seine, sont proposées :
1.Définition d’un Total Admissible de Captures annuel (TAC) à partir des propositions d’IFREMER
2.Limitation du nombre de dragues/longueur pêchante pour chaque navire
3.Maillage des dragues limité à 92mm sur le dos et éventuellement sur le ventre
4.Obligation d’emport de la VMS quelle que soit la taille du navire
5.Limitation horaire de la pêche
6.Les navires disposent d’un quota journalier par marin présent à bord lors des opérations de pêche et figurant sur le rôle d'équipage ou inscrit sur la liste d'équipage. Toutefois, dans la limite stricte d’un seul marin par navire, un marin non présent à bord lors des opérations de pêche ouvre droit à un quota journalier supplémentaire pour autant qu’il figure sur le rôle d'équipage ou est inscrit sur la liste d'équipage.

Les outils sont là VMS (contrôle et suivi des bateaux en temps réel) et temps de pêche. Mais au nom d'un précaire paix sociale, on prépare à la flottille des lendemains difficiles. Dommage !

La gestion du gisements classé de la Baie de Seine où la pêche sur le seul recrutement annuel semble toujours satisfaire Comité Régional des Pêches, Affmars et même Ifremer qui s'accommode d'une augmentation en % du reliquat, alors que certaines zones sont devenues de vrais déserts.
L'exemplarité du gisement de St Brieuc serait-il si peu intéressant ?

Vous le savez à la Baie de Seine est un gisement classé, avec une règlementation différente et plus pointue. est-ce pour cela que la ressource se porte mieux ?
Non, mais pourquoi ?A suivre

Commentaires

1. Le dimanche 14 octobre 2007, 12:49 par Dimitri

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